Quatre ans de crise politique. Plus que jamais Madagascar remplit les critères du concept d’Etat fragile

 Selon la définition de l’OCDE, on entend par Etat fragile, l’Etat dans lequel « le gouvernement et les instances étatiques n’ont pas la capacité et/ou la volonté politique d’assumer les fonctions essentielles requises pour faire reculer la pauvreté et promouvoir le développement, ni d’assurer la sécurité de la population et le respect des droits de l’homme. »

Mais la Banque Mondiale a une autre définition, à la fois économique et politique. En effet, cette institution de BRETTON WOODS détermine si oui ou non un Etat entre dans la catégorie d’Etat fragile sur la base d’un système de notation appelé CPIA (Country Policy and Institutional Performance Assesment). C’est la détérioration du CPIA qui fait qu’un Etat bascule dans le concept d’Etat fragile dont les critères sont : une absence (ou peu) de consensus clair entre les bailleurs et le gouvernement sur les stratégies de développement, les pays caractérisés par un conflit prolongé ou par une impasse politique nationale.
La BAD a elle aussi une approche plutôt politique : la fragilité d’un Etat s’évalue à partir des données relatives aux performances de l’Etat telles que la gestion économique et financière, la lutte anti-corruption, la mauvaise gouvernance, la vulnérabilité aux chocs externes, l’absence de consensus entre les bailleurs de fonds et le gouvernement sur les programmes de développement, l’absence de gouvernement légitime, les troubles civils.iv
D’après ces quelques définitions, l’on peut donc relever quelques critères communs à la notion d’Etat fragile. Premièrement, l’on notera le problème de l’incapacité de l’Etat à assurer la sécurité des personnes et des biens. Le deuxième critère est la mauvaise gouvernance. Ensuite, il y a le critère d’incapacité de l’Etat à fournir les services sociaux de base à sa population (santé, éducation etc.). Quant au quatrième critère, celui-ci est plus axé sur le manque d’unité au sein d’un Etat (conflits ethniques, religieux, etc.). Puis, il y a la présence de conflits (situation de conflits, post-conflits absence de contrôle de l’Etat etc.). Enfin, le dernier critère est la faillite, c’est-à-dire que les institutions et attributions essentielles ne fonctionnent plus normalement.
Si on analyse un à un ces critères établis internationalement, l’on se rendra rapidement compte que Madagascar n’est plus (hélas !) loin de remplir les conditions d’un Etat fragile!

Pourquoi ?
Si l’on étudie le premier critère (Incapacité de l’Etat), Madagascar se trouve dans une situation d’impuissance face à la protection de son territoire. Par exemple, les douanes ne savent que faire face aux divers trafics laissant sortir du pays les richesses de la Grande île. Pour ne citer que les trafics d’or! Faut-il rappeler le cas des deux ressortissants malgaches arrêtés à l’aéroport de Moroni (Comores) en possession de trois lingots d’or équivalant à près de 200.000 euros ? En outre, les différents pillages (fossiles, ressources maritimes, etc…) sont devenus chose courante. Les forces navales malgaches dénoncent un pillage des ressources halieutiques et estiment les pertes annuelles à près de 746,7 millions USD.

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Raphaël JAKOBA

Manager de MCI
Directeur de Publication
Secrétaire Général du Centre d’Arbitrage et de Médiation de Madagascar (C.A.M.M.)

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