10ème Anniversaire de MCI: Une occasion pour exprimer quelques réflexions sur la vie Nationale.

Malgré les circonstances difficiles que traverse le pays, et en dépit d’un climat des affaires délétère, MCI a fêté en toute modestie sa dixième année car si 10 ans c’est juste une tranche d’une vie, 10 ans dans la vie de l’entreprise, eu égard à l’environnement dans lequel Madagascar a vécu (crises de 2002 et de 2009), méritent d’être marquées d’une pierre blanche.

Il y a dix ans de cela, notre objectif était en effet de mettre en place un cabinet juridique composé de jeunes juristes malgaches spécialisés dans les relations d’affaires ouvert sur l’international — le postulat de départ étant que dans les années 90-2000, Madagascar devait s’ouvrir sur l’international en raison de la globalisation grandissante — avec une dose de spécialisation dans le domaine des relations commerciales internationales.

Aujourd’hui, sans tomber dans l’autosatisfaction béate, mais au prix de beaucoup de sacrifices, d’une volonté ferme de réussir donc avec un sens élevé de la rigueur, cet objectif est devenu une réalité. Une réalité grâce à une équipe motivée, solidaire et compétente.

Aussi, à l’aune de ces dix ans passés, il est naturel que soie adressées aux collaborateurs la profonde reconnaissance du Cabinet et de ses dirigeants. D’autant que s’il est un sujet de fierté pour ces collaborateurs, c’est d’avoir pu participer d’une manière ou d’une autre au développement de leur pays. En effet, lorsque, par exemple, MCI a rédigé les décrets d’application du Code de l’eau, les grandes lignes du Code des changes, a conseillé 1’EDBM et un certain nombre de grandes entreprises, MCI a apporté sa modeste part de contribution dans l’effort de bonne gouvernance et du renforcement de l’Etat de Droit. Car le défi est là !

Même si rien n’est parfait, le caractère international de MCI est parfaitement traduit dans la réalité. Sans être immodeste, le Cabinet, en travaillant avec des investisseurs de tous les continents — de la Compagnie NOKIA de Finlande, de KPMG Maurice, de FIDAL en France, de Baker & McKenzie aux États-Unis, voire de sociétés japonaises, australiennes etc est devenu une véritable structure à vocation internationale, capable de surcroît de travailler aisément dans la langue des affaires qu’est l’anglais.

Que dire du bilan?

Tout d’abord, rien ne vaut l’indépendance par rapport à la pesanteur politique. Les régimes politiques peuvent se succéder, le Cabinet, en tant que technicien, reste. Et MCI est jaloux de cette indépendance notamment vis-à-vis des pouvoirs politiques.

Ensuite, il ne peut y avoir d’entreprise pérenne sans l’innovation, dont l’exemple le plus patent est le lancement en 2003 de la revue de MCI qui a pour finalité de partager nos réflexions juridiques tout en assumant la charge d’informer. Car l’Etat de Droit ne peut s’épanouir que grâce à la mise à disposition des informations juridiques, contribuant du coup â la démocratisation du Droit !

A l’occasion de cet anniversaire, le moment est donc venu de livrer nos réflexions en tant que cabinet d’affaires bénéficiant d’un poste d’observation de premier plan des activités économiques.

Face au tohu bohu actuel où les passions sont exacerbées, le moment est venu de tordre le cou à certaines hérésies par-ci par-là, telles que les vertus de l’autarcie économique ou du repli sur soi, frisant des relents de xénophobie.

Premièrement, malgré son caractère insulaire, Madagascar ne peut pas faire fi de la mondialisation de l’économie, ne peut pas faire la fine bouche sur les investissements internationaux, et enfin, ne peut pas échapper aux fourches caudines des bailleurs de fonds issus des accords de Bretton Woods. En effet, avec un taux d’épargne d’à peine 11% du PIB et des apports budgétaires d’environ 70% provenant des bailleurs de fonds, Madagascar ne peut pas vivre en autarcie.

Deuxièmement, quelle réflexion nous inspire la médiation internationale sur le cas malgache après presque dix mois de crise politique?

Que de critiques n’a-t-on pas entendu contre cette médiation internationale ?

Savons-nous d’abord ce qu’est une médiation avant de tirer â boulets rouges sur ces médiateurs internationaux ? La médiation est définie par l’acte par lequel deux parties en conflit n’arrivent pas à trouver une solution consensuelle et font appel à un tiers nommé « médiateur» dont la mission est d’inciter les parties à trouver une transaction.

Si la médiation internationale à Madagascar peut être critiquée, parfois avec raison, il faut se rendre à l’évidence que celle-ci est le résultat d’une succession de médiations malgaches

— notamment des médiations menées par le FFKIVI et de la société civile… – qui ont toutes échoué pour la bonne et simple raison qu’elles n’ont jamais été impartiales. Ne nous voilons pas la face

Pourquoi la médiation internationale a-t-elle des chances de parvenir à un accord? La réponse est simple la délocalisation en terre étrangère de la médiation fait baisser la pression sur les diverses parties ainsi que la supériorité morale des médiateurs, leur nationalité différente par rapport aux mouvances bref, autant de facteurs qui, potentiellement, renforcent les chances de réussite.

Par ailleurs, indépendamment de toute médiation interne, force est de constater l’apparition d’un nouveau droit international de la bonne gouvernance, notamment dans le domaine de la gestion des conflits. Qu’on se le dise, les médiations internationales menées à Madagascar, en Guinée, en Côte d’ivoire ne sont pas le fruit du hasard Le monde contemporain est gouverné par la communauté internationale Certes, l’intervention étrangère peut être interprétée comme une ingérence dans les affaires locales, mais c’est un droit d’ingérence de plus en plus admis que s’arroge la communauté internationale dans les affaires nationales.

Ce droit d’ingérence, d’abord humanitaire (guerre de Kosovo, dans les Balkans dans les années 90), est devenu progressivement un droit d’intervention d’une manière directe ou indirecte pour cette communauté internationale, notamment au regard des fonds qu’ils utilisent dans les pays en conflit.

En conclusion, par une curieuse imbrication de leur parcours, Madagascar, en tant que pays, et le Cabinet MCI, en tant que cabinet d’affaires, partagent toutes choses égales par ailleurs, le même destin. Car l’ouverture internationale de Madagascar son ancrage au monde international, ne peuvent évidemment qu’être positifs pour le Cabinet MCI. Ce que résume fort bien le dicton malgache qui dit que l’un ne va pas sans l’autre « comme l’eau et le riz ».

Puisse MCI vivre encore dix ans, vingt ans.

Raphaël JAKOBA

Manager de MCI
Directeur de Publication
Secrétaire Général du Centre d’Arbitrage et de Médiation de Madagascar (C.A.M.M.)

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